Musique traditionnelle: kobza et bandura (par Vasyl Chrin)

la bandura

A l’origine de la musique folklorique ukrainienne, on trouve les bylyny (bilines), contes épiques retraçant les hauts faits des héros de la Rus’ kyivienne ainsi que les dumy, poèmes lyriques composés à la gloire des cosaques de l’Ukraine dont des odes retraçant les raids des Zaporogues contre les envahisseurs tatares.

Après la destruction au XVIIIème siècle des communautés cosaques par Catherine II, ce type de récits épiques soutenus par un accompagnement musical fut colporté par des bardes itinérants appelés kobzary du nom de leur instrument à cordes, la kobza, comparable au luth. Dépositaires du folklore ukrainien, les kobzary, personnages très respectés, allaient devenir les chantres de l’identité nationale face à l’hégémonie du pouvoir tsariste russe.Conformément à l’archétype antique du poète non-voyant qu’était supposé être Homère, ces musiciens doublés de chanteurs ambulants étaient souvent aveugles et accompagnés de jeunes enfants leur servant de guide et d’apprentis-kobzary.

Au XVIIIème siècle, la kobza céda la place à la bandura, instrument beaucoup plus imposant et comportant un plus grand nombre de cordes. Toutefois, les deux dénominations allaient demeurer longtemps intimement associées au point que l’on pouvait parler de kobza-bandura, bien que, pris séparément, les deux instruments correspondent à deux stades d’évolution distincts.

Au XXème siècle, la bandura sera profondément remaniée (forme, caisse de résonance, nombre accru de cordes – jusqu’à 65-leviers de changement de tonalité…) et de diatonique elle deviendra chromatique, une évolution qui autorise cet instrument à jouer les musiques les plus sophistiquées, traditionnelles ou savantes, avec des sonorités qui évoquent le clavecin Elle nécessite un dur apprentissage d’au moins 7 années de pratique quotidienne.

   
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