Vydubyts'kyy Monastyr

(Monastère de Vydubychi)

monastère Vydubychi kiev
40 rue Vydubyts’ka
Métro: Druzhby Narodiv

Vydubychi qui signifie littéralement « sorti des eaux » serait l’endroit où la statue du dieu du tonnerre, Perun, serait venue s’échouer après avoir été précipitée dans le Dniper, à l’époque de la christianisation de la Rus’ par le Kniaz’* Volodymyr le Grand en 988.

D’après la légende, les fidèles aux cultes païens se seraient mis à courir le long des rives du fleuve implorant leur dieu de sortir des flots : « Perun ! Sors de l’eau ». Et cet emplacement reçut le nom de Vydubichi…

A cet endroit pittoresque, le kniaz* Vsevolod Yaroslavovych, fils de Yaroslav le Sage, entreprend la construction d’un monastère familial. La première mention dans les chroniques date de 1070. En 1088, on y adjoint un édifice en pierre, la cathédrale Saint Michel. Cet ensemble monastique bénéficie de la sympathie et des largesses du kniaz Volodymyr Monomakh (Monomaque). C’est là que l’igoumène V. Sylvestre, met en forme « La chronique des temps passés » ( Povist’ vremennykh lit ).

Le monastère subira de nombreux assauts d’envahisseurs. En 1096, il est ruiné par des tribus turques, les Polovtsi. Fortifié en 1199/1200, la vie monastique se poursuit malgré l’invasion mongole comme l’attestent les chroniques relatant le déplacement en 1245, du Kniaz’ Danylo Halyts’kyy (Daniel de Halychyna en Galicie), chez le khan de la Horde d’or Batyj (Batu) : « avant de traverser le Dniper, le kniaz’ s’est arrêté au monastère de Vydubychi où on lui a chanté un « moleben’ » (Te Deum).

L’ensemble monastique actuel date des XVIIe-XVIIIe siècles. En 1637, une charte royale confie le monastère au métropolite Petro Mohyla, à charge de sa reconstruction. En 1696-1701, on construit l’église synodale Saint Georges, avec cinq coupoles vert émeraude, surmontées de bulbes dorés dont l’iconostase, de pur style baroque, est l’une des plus belles du pays et le réfectoire. Dans les années 1727-1733, le hetman**Danylo Apostol fait construire le campanile, également de style baroque ukrainien.

Au XIXe siècle, il y avait dans le monastère une école, un hôpital, un refuge pour orphelins, une maison de retraite pour les vieux moines et le personnel. Les moines vivaient de leur verger, de leur potager et de leur basse-cour. Le cimetière devient le lieu du dernier sommeil de l’élite de Kyiv.

En 1844, Taras Shevchenko compose une eau-forte « le monastère de Vydubychi à Kyiv ».

En 1937, le monastère est ruiné par les bolcheviques et les églises sont transformées en entrepôts militaires. Aujourd’hui, la vie monastique renaît. Les édifices sont restaurés et reprennent leur affectation première.

*Kniaz’ : Comme dans les autres langues indo-européennes, kay, kavi, kau, kung, kunugor, könig, king ; knjaz’ désigne le souverain que l’on peut traduire par roi. Le grand kniaz’ régnait sur l’empire que s’était constitué l’Etat de Kyiv, la Kyivs’ka Rus’. Les Etats vassaux étaient également gouvernés par des kniazs’.
**Hetman : Le plus haut grade militaire chez les Cosaques ukrainiens au XVIe siècle. A partir de 1648, le terme désigne le chef de l’Etat de la République cosaque d’Ukraine.

 

 

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monastère vydubychi Kiev